ZE Blog inutile

Compulsion et inspiration

Besoin et envie d'écrire, oui mais...

...d'écrire quoi ? Je relis ce que j'ai déversé ici depuis plusieurs mois, je m'autocritique a posteriori, sans vraiment me faire de cadeau, mais en comparant avec les journaux pseudo-intimes et les étalages de quotidienneries sans intérêt qui sont la majorité des écrits interneteux, je me dis que je suis à côté de la plaque. Ce qui est populaire, c'est la tartine de banal, pas les prises de tête ou les réflexion à deux balles que j'expose ici et que personne ne lit ou ne commente. Est-ce que l'absence de feedback doit me faire renoncer ? Je pourrais facilement répondre par l'affirmative, mais en mettant ça en balance avec la question opposée "la foison de commentaires navrants sur des sujets qui le sont autant poussent-ils les auteurs des-dits sujets à ne plus écrire ?", le combat Don-Quichottien qui est le mien m'incite à répondre "non, je ne renoncerai pas".

Même si je suis plus silencieux dernièrement...

Justement ! A quoi est dû ce silence ? Un petit peu, je l'admets, au fait que j'ai baissé les bras un temps face à l'écho du vide provoqué par mes textes tandis que les locataires à temps plein des rézosocio se répondent plus vite que des joueurs de ping-pong ne se renvoient la balle. Mon ego s'en est trouvé blessé et j'ai posé un genou à terre. Et tout le monde s'en fout, à part mon ego.

Et puis le manque d'inspiration a joué son rôle aussi. Pourtant, c'est pas les sujets de gueulantes qui manquent ! Très régulièrement, je suis emporté par un autre combat perdu d'avance sur Internet : le débat poli et posé avec des anonymes. C'est fascinant et frustrant à la fois...! Comment ça se passe ? Très simple : un sujet d'actualité, une video musicale sur Youtube, ou le comportement d'un joueur sur un jeu en ligne me fait réagir, ou du moins me motive suffisamment pour que je tente d'y laisser un commentaire constructif. Dont acte.

S'ensuit rapidement l'apparition du trolleur* (définition au bout de l'astérism... rix... riksme... en bas de page) qui, s'il semble en premier lieu défendre brutalement un autre point de vue que le mien, se révèle par la suite un simple crétin à l'insulte compulsive qui n'a aucun autre but que de cracher une haine de l'autre incontrolable. Ce comportement est remarquable en deux points : une réelle couardise qui relève de la trouille de la communication intelligente, et une capacité à faire durer l'agression verbale ad nauseum (ce qui arrive très vite). Plus c'est con, plus ça a raison. "C'est le dernier qui a parlé qui a raison" est son leitmotiv. Inutile de tenter de le raisonner, de l'attirer sur le terrain de la politesse, sur un quelconque rapport humain, c'est peine perdue. C'est si facile de redevenir inhumain, bestial, primitif, lorsqu'on est anonyme, caché bien à l'abri derrière son écran. C'est toute la frustration de celui qui aimerait impressionner les gens "IRL"** comme on dit, mais qui en est incapable, qui s'exprime ici.

Je peux même faire un parallèle rapide avec les systèmes judiciaires : là où un tribunal européen cherchera la vérité, un tribunal américain cherchera l'efficacité. De même, là où je cherche l'échange intellectuel, Homo Insultus ne cherchera qu'à avoir le dernier mot. Et il l'a toujours puisqu'il n'a pas besoin d'arguments, seulement de patience et d'insistance.

Bref, tout cela me consterne car ça participe au nivellement neuronal vers le bas que peut provoquer l'ouverture à tous les vents du principe d'Internet. J'ai tenté de contacter d'éventuels responsables, modérateurs, administrateurs, mais jamais personne ne m'a répondu. Raisonner les cons, c'est mettre des coups d'épée dans l'eau jusqu'à ce que celle-ci rouille (l'épée, pas l'eau...). Je me dis que c'est volontaire et que tant que les gens "communiquent" de la façon la plus vile, la plus facile, la plus primitive par le biais d'internet, ils n'ont aucune raison de faire l'effort IRL, avec de vrais gens. De plus, comme ils communiquent avec plus de monde virtuellement que dans la réalité, le sens des priorités se fausse et s'éloigne du bon sens. Résultat : on se conforte dans une communication viscérale, agressive et laconique.

Conclusion, les réactions des gens, anonymes sur Internet mais également vrais gens physiquement palpables et gifflables, m'incitent de plus en plus à fermer ma gueule. La loi qui s'impose est celle, non pas du silence (j'aimerais bien !) mais du désintérêt profond de l'opinion d'autrui. Que cela s'exprime par un con qui crie plus fort des insanités ou par des soupirs de "pffff, tu me saoûles avec tes discussions"...

Bon, voilà... c'est pas passionnant, mais maintenant que c'est exprimé, autant le publier.

* Trolleur : En langage "internet", internaute intervenant dans les débats ou les simples conversations avec pour intention de provoquer, d'agacer, de générer des points Godwin (les moteurs de recherche sont vos amis ! J'explique pas, na !), voire de se faire bannir.

** IRL : "In Real Life". Les non anglophiles comprendront quand-même : "Dans la Vie Réelle"



21/07/2011
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