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Catégorie - La normalité, et Moi, Moi, Moi...

Normalité 4 : Contrepied aux articles précédent

Comment mieux en finir avec ça...

...qu'en agissant dans le sens totalement opposé à celui que je m'échine à suivre (en essayant de vous entraîner avec moi, pour peu que le sujet vous intéresse aussi) ?

Pour cela, je dois d'abord remercier ma wife qui m'a remis dans le droit chemin en me rappelant la démarche d'origine de ce bloug. Après avoir critiqué, et avec conviction en plus, le principe du modèle, du clonage comportemental (ou quand René Girard est recruté par le Bene Tleilax - vanne dont je suis a priori le seul à saisir la subtilité, désolé, je m'amuse tout seul sur ce coup), de l'absurde désir de s'acharner à ressembler à une représentation esthétique qu'on nous impose pour des raisons bassement commerciales, après avoir fustigé les névrosés de la balance et ceux qui sont tellement satisfaits d'eux-mêmes qu'ils ne perçoivent même plus la distance qui les sépare de leur identité profonde (quand profondeur il y a , ce qui n'est pas toujours le cas chez certains esprits faibles TRES influençables), après avoir attaqué la logique de la normalité et en avoir dénoncé l'absence fondamentale de légitimité sur le plan humain, je me DOIS de faire ce qui va suivre... (attention, teasing à 20 mètres !)

Ceci n'a pas d'autre intérêt que d'illustrer la démarche entreprise il y a quelques semaines lors de la création de cet espace. J'ai donc pris une photo de moi en posture autosatisfaite, simulant une illustration de pub pour eau de toilette bon marché, et je la publie ici avec tout ce qu'il faut d'ironie, de paradoxe et d'égocentrisme démesuré. Ceci est peut-être la mort annoncée de ce coin de la blogosphère car cette fois, il ne s'agit plus d'étaler péniblement l'abstrait chaos cérébro-psychologico-philosophique digne de brèves de comptoir qui règne dans mon crâne, mais de montrer ce que je dénonce telle une bête de foire artificielle créée pour abuser de la crédulité des passants. Mais j'assume totalement (même si je devrais en causer à mon psy) le parfait décalage de ceci avec tout ce que j'ai pu écrire auparavant.

L'exercice fait ici n'a que peu d'intérêt, si ce n'est (pour ceux qui me connaissent et qui savent à quel point je répugne à me voir en photo) le fait de prendre sur moi pour le pur plaisir d'agir en opposition avec moi-même. Le "tout pour la vanne" comme dirait l'autre.

La photo paradoxe.

Cela étant dit, l'honnêteté dont je m'honore me pousse à dire que d'une certaine façon, je me suis un peu pris au jeu pendant quelques minutes, et il m'arrive de me dire "Oui, je me la pète grave !"

Ca m'arrive, ça m'arrivera encore, et je l'accepte. Après tout, je me suis tellement vautré dans le complexe des années durant, j'assume le fait de me faire un peu de bien, et tant pis si ça déplaît et qu'on trouve ça prétentieux.

Bon, je crois que j'ai assez bien balisé le terrain...

Peut-être à bientôt, donc.

Bonnes fêtes, au cas où...

...Bon... je valide l'article ou pas ? Rhaa... Je vous jure, heureux les imbéciles qui ne se prennent jamais la tête sur rien et qui ne se posent pas de questions ! Allez, go, et tant pis pour la honte !


Posté le 18/12/2008 | 143 consultations | 13 commentaires | Voir et commenter l'article

Normalité 3 : Copies, cons, formes...

Besoin d'écrire pour m'occuper...

...aussi bien les mains que la tête. J'ai besoin de créer une dynamique avant de me laisser entraîner par l'apathie. Je suis actuellement sous l'effet d'un coup de barre monumental qui me permet de déployer à peu près autant d'énergie qu'une tarte aux quetches oubliée dans le frigo débranché d'une cantine scolaire en grève. Je prends donc les choses en mains.

Par contre, je vais faire dans la facilité, vous m'excuserez (ou pas, à la limite, c'est pas bien grave). Et je vais me lancer à nouveau en roue libre dans ce sujet que mon ami Frunobulax (Grâce te soit rendue) a illuminé d'un éclairage nouveau autour d'une salade de cactus. Après la psychologie de comptoir, voici donc la philosophie de TexMex. Je précise à toutes fins inutiles que je ne me base que sur un concept que nous avons alors évoqué superficiellement et que je ne vais le développer ici qu'avec mes petits neurones que je sens déjà, rien qu'à cette perspective, aussi gais et enthousiastes qu'un troupeau d'amibes devant une sonate de Ligeti un soir d'hiver pluvieux. Cela dit, je compte bien par la suite, et rien que pour moi, approfondir le sujet avec la littérature adéquate. Je me refuse à le faire avant car cet article ne deviendrait pour lors qu'une fiche de lecture impersonnelle, et en gros égoïste que je suis, ce qui m'intéresse ce n'est pas de vous instruire mais de stimuler mes troupes cérébrales.

Let's go ! Désinhibé par sa margharita, l'ami burritophage s'est laissé aller à dire du bien de mon article sur les pro-ana (un compliment qualitatif de sa part étant aussi courant qu'un parapluie dans les rues de Nairobi, j'ai apprécié modestement pour une fois). Mais le fourbe a ouvert un judas (on ne se refait pas) me permettant d'entrevoir la portée nettement plus profonde du sujet de la normalité. Non content de cela, il me balance même en guise d'hameçon appétissant le titre d'un ouvrage récent de René Girard : "Anorexie et désir mimétique". Trois mots et demi qui m'ont suffis : si même un académicien planche sur les sujets à deux balles que je tartine ici, c'est que je ne tape peut-être pas complètement à côté de la plaque...

Mais bon, nom d'un chou-fleur divin, ça ne s'arrêtera donc jamais ce sujet ? Il va finir par me pousser vraiment loin de mes inutiles aspirations bloguesques originelles ! En même temps, il est tellement présent au quotidien qu'il est difficile de passer outre. Cette fois-ci, j'avoue avoir été aidé pour mettre le doigt sur le bon bouton du GPS. En fait, ce sujet de la normalité est vraiment passionnant. L'impression que j'ai peut s'apparenter, en découvrant jour après jour ses effets, ses causes, ses mécanismes, à l'étrange frisson que ressent un homme lorsqu'il effeuille lentement le fruit de sa passion (une femme, un artichaut, l'Equipe...) sans vraiment savoir avec précision comment sera le trésor recherché (le corps, le coeur, les résultats de Ligue 1...).

Dans l'épisode précédent, j'en étais au point où je m'interrogeais sur les motivations quasi suicidaires de jeunes femmes et de jeunes hommes à se déformer physiquement et psychologiquement afin de ressembler au plus près à ce qui est défini comme étant la norme par une sorte d'inconscient collectif... et de conscience marketing. Le désir mimétique serait donc (l'emploi du conditionnel est fait à dessein puisque je ne l'ai pas encore lu) un point de départ, ou du moins l'une des articulations primordiales de ce mécanisme ? L'envie impulsive d'être à la fois mieux que les autres et à la fois identifiable à un modèle difficile à égaler (car souvent faussé, n'oublions pas) serait-elle responsable de cette torsion de ce qu'on croit être "normal" ?

Prenons les choses dans l'ordre. Pour faire un bon mimétisme, il faut donc :

- un modèle (qui crée un désir chez...)

- un sujet manquant d'assurance (dans le but de créer l'illusion chez...)

- un spectateur... enfin, je sais pas comment le désigner... bref, celui qui validera la ressemblance en tombant dans le panneau comme un con. C'est un peu comme les insectes, le phasme par exemple, qui manque d'assurance (peur de se faire boulotter) et qui prend pour modèle les branches les plus filiformes afin de tromper ses prédateurs (en même temps, qui voudrait bouffer ces machins là ? bheuuuu...!). Le parallèle avec la maigreur du phasme est évidemment volontaire...

Seulement voilà, à mon sens le phasme est moins con que la pro-ana : en effet, lui au moins SAIT qu'il n'est pas une branche ! Dans le cas qui nous intéresse, le sujet qui modifie son corps pour tromper autrui est lui-même dupé et a une vision totalement déformée de lui-même ! Quelle ironie... L'arroseur arrosé... "Burned by the fire we make" comme le chante Adrian Belew.

Qu'est-ce qu'il en résulte objectivement ? A priori (puisque c'est le constat provisoire établi par l'ami Fruno en quittant le restaurant mexicain), on peut le résumer par "elles se ressemblent toutes". En effet, elles se ressemblent toutes (du moins dans la tranche d'âge ciblée, celle qui est la plus susceptible d'être touchée par le dictat de la beauté post-pubère), mais à bien y regarder, aucune ne ressemble vraiment aux modèles étalés en 4 mètres par 3 sur les affiches publicitaires qui font de l'ombre aux beautés discrètes auxquelles il ne manque qu'un rayon de soleil pour être transcendées... Tiens c'est joli ce que je viens d'écrire...! Chuis un putain de poète, nom d'une pipe qui n'en est pas une (Magritte aurait pu choisir un autre objet quand même !)...

Bref, voilà donc ces pauvres filles qui ont toutes pris la même direction, à travers les mêmes fausses routes jonchées de leurres, en passant par les mêmes magasins de fringues (lesquels sont tous approvisionnés par le même fournisseur, celui qui a casqué pour la pub)... et au final, au lieu de ressembler à la fille de la pub pour Shalimar du dernier numéro de "Elle", elles ressemblent à leur voisine, le savent sans se l'avouer car le constat d'échec serait cuisant, et essayent tant bien que mal de se penser différentes. A ce stade-là, une fois qu'elles sont toutes semblables, réunies à des années-lumière de ce modèle inaccessible, que devient le désir mimétique ? Est-il dissout dans une réaction de masse ? Est-il amplifié ou relayé par un désir approchant ? Il y a évidemment une quête d'identité derrière tout ça... J'espère bien trouver la réponse chez René Girard parce qu'en ce qui me concerne, je n'ai aucun élément de réponse !

Sensibilisons les feignants de la lecture par ce joli duo Serj Tankian/Rita Mitsuko - "Terminal beauty"

Le petit plus : en contrepoint, on a ceux et celles qui se revendiquent "marginaux" et qui refusent de toutes leurs forces d'être identifiables aux modèles des medias. Eux, je les adore ! S'ils assument un sens du Beau très relatif (chacun ses goûts), je ne peux m'empêcher de jubiler en les voyant tous se différencier de la "norme" car ils le font tous... de la même façon et se ressemblent tous entre eux également, mais en ayant choisi un autre modèle ! Etre un marginal, comme les autres ! Mouahaha ! Ca, c'est vraiment jouissif !

Pour en terminer avec tous ces clones tristes et ces clowns ratés (ou l'inverse) qui encombrent mes rues et mon champ visuel qui a fini par les ignorer tellement ils/elles font partie d'un décor banal, je ne dirai qu'une chose (qui fera plaisir à certains lecteurs et en particulier à Myth') : "barrez-vous, cons de mimes !!!!"

Allez, je vous laisse, j'ai encore quelques séries d'abdos et de pompes à faire...


Posté le 12/12/2008 | 105 consultations | 6 commentaires | Voir et commenter l'article

Est-on mou si l'on n'est pas dur ?

Troublante question...

...n'est-il pas ? Et pourtant, rien de bien tordu là-derrière, pour une fois. Et rien de sexuel non plus, je vous vois venir bande de gens !

De quoi s'agit-il ici ? Tout simplement un petit constat qui, comme toujours, partant du plus insignifiant des "rien-du-tout" peut se muer dans ma tête de siphoné même pas congénital (mes parents vont très bien de ce côté-là, merci pour eux) en questionnement pour le moins absurde.

Le constat : je fréquente un forum sur lequel il est possible, dans une section dédiée à cela, de laisser libre cours à sa rage, sa colère, contre tout et n'importe quoi. L'éventail des récriminations en tout genre est vaste et peut aller de l'invective contre les pâtes qui ont crâmé au fond de la casserole (avec un E au milieu de casserole !) jusqu'au cri de désespoir contre le monde qui part en nouilles (justement) et les bagnoles qui crâment au fond de l'Acropole (sans E au milieu...). J'y laisse régulièrement ma contribution colorée et fleurie, généralement en ciblant les comportements débiles des gens les plus cons, catégorie dont je ne m'extrais pas nécessairement puisque j'ai souvent fait sauter la soupape de sûreté en me visant droit au coeur avec l'aplomb furieux d'un Maréchal Ney fustigeant la lenteur de son peloton d'exécution.

La semaine passée, je tombe sur ce sujet et je me prépare par réflexe à ouvrir une vanne et à lâcher la pression... Las ! L'angoisse de la page blanche entièrement contenue dans une zone de texte large comme un timbre-poste !

La porte ouverte, et aucun courant d'air !

Les cordes digitales (oui, je hurle par écrit, ça me permet de conserver de bonnes relations avec mes voisins) prêtes à rugir, et voilà que je me sens comme avec des moufles !

La machine dans les starting-blocks, mais la batterie à plat !

Rien !!!

Où sont ma hargne et mon courroux ? Je me mets alors à fouiller frénétiquement dans mes entrailles, tel un haruspice qui aurait avalé ses clés de bagnole par mégarde, à la recherche d'un sujet me permettant d'être brutalement vindicatif. Je DOIS poster une réponse, je le fais tout le temps ! Pourquoi ça ne vient pas ? Je cherche encore et encore, obstinément, avec le désir de sortir vainqueur contre moi-même et de me dire "hahaaaa, le Fred grognon t'a de nouveau terrassé !" Le combat est rude pendant de longues secondes durant lesquelles l'incertitude et la peur de cette nouvelle sensation de rare sérénité me font chanceler. Mais le Fred zen prend le dessus avec une double clé au bras vengeur.

Nom de Zeus, gréco-lutté-je, je n'en veux à rien ni à personne !!! Même pas à moi !!!

Le trouble dissipé, j'admets avoir profité (et profiter encore aujourd'hui) de larges instants de plénitude tranquille, d'assurance totale, de certitude que je peux gérer sans trembler le moindre soucis qui se présenterait. Pendant un temps, le monde est paix alors que la crise fait criser, que la Chine s'échine à être anti-française et que la France n'est pas franche avec la Chine... Rien à foutre, je vais bien, les gens que j'aime aussi, la période semble enfin faste : tout va bien !

Tout ? Non, car un village résiste encore et toujours à l'envahisseur serein. Et le puissant druide du village, Cervochaotix, fait germer la question vénéneuse : si je n'ai plus de haine, cela veut-il dire que je me ramollis ? Et ma belle volonté qui ne dit rien !!! Une conne de silence qui laisse à l'ennemi toutes les cartes en main (référence ultra pointue, désolé. Ceux qui savent peuvent se risquer à l'expliquer aux autres, moi je me sens pas) !

Le doute m'a quand même un peu tenaillé quelques heures, jusqu'à ce week-end. Vous savez, quand vous vous dites que tout va trop bien et que c'est louche, et que vous n'aimez "pas trop beaucoup ça" comme dit l'autre. J'ai rapidement mis un terme à ce bourgeon de résistance en m'auto-affirmant catégoriquement et sans forcer que je me sentais plus solide que jamais. Peur de rien. Craint degun ! On arrête les conneries, fin du problème ! Comme l'écrivit Sun-Tse il y a environ 23 siècles (à quelques mois près, j'ai pas le chiffre exact), "Pour le bon stratège, l'essentiel est dans la victoire, pas dans les opérations prolongées".

Autrement dit, je viens seulement de découvrir que oui, on peut ne ressentir aucune haine, on n'en est pas plus faible pour autant. Je sais, ça paraît évident. Mais à l'évidence, je ne me satisferai jamais d'une évidence, version actualisée de "tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien" (Socrate... ou Steevy Boulay, je sais plus )et de "le doute m'habite" (Jack Lang).

Je ne suis dur avec personne... en ce moment. Et pourtant j'aurais 1000 raisons ! Je crois avoir compris qu'il ne fallait pas confondre solidité et dureté. Le chemin est encombré d'obstacles mais le résultat, vu de l'intérieur en tout cas, est satisfaisant. On y ressens une forme de justice à la Job : après en avoir chié comme rarement, lutté et avancé, ne pas profiter de la plénitude acquise, même si on sait qu'elle ne sera pas éternelle, serait un affront à l'intelligence.

Je me connais, j'en suis tellement capable !


Posté le 09/12/2008 | 94 consultations | 6 commentaires | Voir et commenter l'article

Normalité 2 : le poids des mots.

 Complétons le sujet de la norme...


...et allons jusqu'à la perfection. Le concept, l'idée de perfection. Et quel meilleur endroit que mon bloug pour en parler, hein !? *hum hum*

Mouahaha ! Non, je déconne ! Même moi je n'y crois pas.


Alors, pourquoi est-ce que je vais vous boursoufler le cortex avec ça ?

Génèse 1:4 : Dieu a dit il y a quelques semaines : Fred, je t'ai choisi pour véhiculer aux yeux du monde moderne et industrialisé l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire.

- Ah...? C'est rémunéré ?

- Non, considère ça comme un stage en entreprise... Et pis d'abord j'ai pas à me justifier devant toi !

- Puisque c'est comme ça, je ne crois pas en Toi ! Et toc !

En guise de punition, la déprime gagna l'hérétique qui cessa de sustenter totalement durant 3 jours et 3 nuits. Précisément comme le voulait Dieu qui, non content d'être omnipotent joue aussi à manipuler les êtres les plus sensibles. La reprise de nourriture se fit de manière complètement aléatoire et suffisamment junk-foodesque pour manquer d'efficacité. Quelques semaines plus tard, en montant sur sa balance, l'hérétique constata qu'il avait paumé 5 kilos en route, quelque part entre son blasphème et le dernier coup d'oeil jeté dans son miroir après avoir dépoussiéré ce dernier tant la crainte de ce qu'il allait y affronter était grande. Réaction immédiate : Heeeeeeeeeeeeeelp !!!!!!!!!!! (ce qui semble assez rationnel) Je suis passé sous la barre psychologique des 80 kilos !!!!!!!!! (ce qui l'est nettement moins). C'est très con puisque si on utilisait un système de comptage en base 8 ou 12 au lieu de 10, la barre psychologique aurait été déplacée, mais physiologiquement, rien n'aurait changé.


Génèse 1:6 : Dieu a dit : Fred, je vais guider tes errances virtuelles sur les blogs enregistrés chez blog4ever.com... Clique ICI !

- Heu... j'peux pas, il y a le contrôle parental...

- Oups... hum... héhé, pardon... Je voulais dire, clique LA !

Et la main de l'innocent de 79 kilos tomba sur une liste plus longue que le dernier recensement des listes électorales d'Ajaccio. Il s'agissait d'une suite de blogs consacrés aux "Pro-ana". Non bande de vicelards, ça n'a rien de sexuel !!! Les "pro-ana" sont des... gens (je vais en rester à cette dénomination pour l'instant... je ne promets rien pour la suite), à 99,99% d'origine femelle, qui revendiquent les bienfaits de l'anorexie volontaire et déterminée.

Nom de Dieu !

- Non mais dis-donc, un peu de respect !!!

- Hé ho, ça va bien maintenant ! Tu as vu ce qu'elles s'infligent ?? Occupe-toi d'elles au lieu de harceler un type qui ne croit tellement pas en toi qu'il n'en est même pas athée !


Je savais que les blogs déplaçaient beaucoup de vent, beaucoup d'inutilités, beaucoup de messages et d'expressions vides, le tout grâce à des technologies de pointe que des ingénieurs et des informaticiens de haut niveau ont mis au point. Mais là... là !!!! Même le vide s'arrête ! L'intelligence artificielle ne peut rien contre la stupidité naturelle.


En bref, ces... malades volontaires amplifient à travers leurs blogs le phénomène déjà dangereux de l'image de la perfection physique qu'on trouve dans les medias depuis trop longtemps. Publicités, films, télé-réalité, autant de lieux où la femme qu'on montre DOIT être aussi épaisse qu'un écran LCD.

Mais il s'agit d'une perfection faussée de l'esthétique, du Beau ! Comme précédemment, c'est quelque chose de hautement subjectif, de très relatif, sans doute encore plus dans la mesure où cette perfection est théoriquement inatteignable ! Et comme souvent, le plus dangereux n'est pas le but à atteindre mais le chemin que l'on prend pour y parvenir. Mais qu'est-ce qu'elles ont bien pu entendre dans leur tendre enfance pour vouloir à ce point se rapprocher du néant ? Qu'est-ce que leurs mères ont bien pu leur dire pour créer un traumatisme pareil ?


Un message pour ces pauvres "Pro-ana" dont j'ai plus pitié qu'autre chose malgré leur discours virulent : les hommes, en bons mammifères carnivores qu'ils sont, n'aiment pas les crevettes, ou alors en apéritif, et encore, avec de la mayonnaise pour leur donner un peu de saveur et de consistance !


Bon... Voilà... Et maintenant je vais avoir l'air con (mais je commence à me familiariser avec cette idée depuis quelques jours, ça ne me fait plus trop peur) : et moi dans tout ça ? Mon cri de détresse de sub-octokilogrammé, comment le situer par rapport à ça ? Dieu est vraiment tordu de me mettre devant ces deux faits en moins de 24 heures !

Ben en fait, après une longue réflexion d'environ 0,7 seconde, soit un battement de coeur légèrement tachycardé, j'ai réalisé que j'étais pareil, sauf que je ne me constituais pas en secte blogosphérique pour dire "Je veux ressembler à George Clooney, avec la carrure body-buildée des blaireaux supposés représenter l'acheteur moyen d'un parfum inodore et tout juste pubère... ouais, celui-là, avec les tablettes de chocolat et des pectoraux qui nécessiteraient presque un soutien-gorge. Ah oui, et puis le regard ténébreux ou bleu photoshop".

En effet, l'idée est moins répandue, mais les hommes aussi souffrent de la fausse perfection physique qui s'insinue dans nos vies quotidiennes abreuvées d'images. On en bouffe tant et tant qu'on ne peut plus les analyser et prendre le temps de remettre les choses dans un ordre rationnel. Résultat, la "norme", pour les hommes comme pour les femmes, c'est cette dictature du modèle, du mannequin. Ces enfoirés de publicitaires réussisent leur coup lorsque dans notre inconscient, c'est cette image qu'il faut renvoyer pour être un homme ou une femme. Le problème de l'image qu'on a de soi est en grande partie dépendant de ce modèle inconscient, forgé de toutes parts par... des vendeurs de merdes diverses et variées qui évoluent dans une société consummériste comme des poissons dans l'eau... Enfin, comme des requins plutôt...


Seulement voilà (après j'arrête, promis !) le problème est double. Il a deux lames. C'est un problème Wilkinson (à ce sujet, les Apollons qui se rasent dans les pubs, vous avez remarqué que la plupart du temps ils n'avaient déjà pas de poils au début de la pub et qu'ils rasaient une peau imberbe ?). Une fois la première lame évitée par une prise de conscience qui prend un peu de temps et de volonté, la deuxième lame tombe : ok, on a compris qu'on ne doit PAS forcément ressembler aux êtres parfaits des publicités et qu'on peut s'accepter comme on est (plus ou moins, faut pas se négliger non plus !). Mais les autres, ceux qui nous regardent, qui nous jugent, qui nous rangent dans la catégorie des "trop banal donc moche" ou dans celle des "pas en adéquation avec l'homme/la femme de la pub Machin qui, lui/elle, est la norme", bref, les victimes du diktat de la beauté inexistante, qui va leur dire qu'en fait on est tous "normaux" ? Que la beauté physique ultime du papier glacé n'existe pas dans la vraie vie et qu'il faut arrêter de la chercher chez l'autre ET chez soi-même ? C'est dans cette recherche interminable et absurde qu'on se fait du mal et qu'on peut blesser les autres.


Ce chemin est une impasse dont on ne verra jamais le bout...

Je vous laisse méditer sur cette idée paradoxale...


Je vais me raser.


Posté le 03/12/2008 | 105 consultations | 8 commentaires | Voir et commenter l'article

Normalité et anormalité : l'impossible frontière

"L'objectivité est subjective"...

...disait Woody Allen dans "Guerre et amour". C'est qu'il a raison ce jeune juif new-yorkais ! Il a de l'avenir.

Et qu'est-ce qui est plus subjectif et qui, en même temps, se réclame de la plus grande objectivité ? Une réponse ? Oui Monsieur, le concept de "norme", tout à fait !

J'en suis venu sur ce sujet parce que... quoi ? non, M'sieur, y'avait rien gagner, c'était une question de rhétorique pure... Voilà. Je disais donc, ce sujet m'est monté au cervelet une fois de plus à la suite de réactions recueillies autour de ce bloug. En vrac, j'ai eu des retours de la part de mon entourage (et encore, ma famille ne l'a pas lu !) qui manifestait une inquiétude croissante quant à mon état de santé mentale (dont, par ailleurs, je n'ai jamais caché les oscillations extrêmes). Cette part du lectorat, bien que l'ayant fait avec discrétion, n'a pas manqué de me signaler ces doutes... enrobant la chose avec une flagornerie légitime sur la qualité de ma plume *hum hum... oui, je me fais plaisir sur ce coup*. Mais le message est passé. Non seulement ce bloug n'est pas inutile (voir article concerné, flemme de mettre un lien), mais il sert surtout à inquiéter mes proches... C'était pas le but. Ou l'était-ce, si on prend en considération la théorie du bénéfice secondaire décrit par la Programmation neuro-Linguistique (PNL) qui consiste à émettre du négatif pour, en réalité, récolter du positif ? Ce qui pourrait se résumer par :

- bouhouuu, je suis à chier !

- mais non mais non, t'es bourré de qualités (*tap tap tap*)

Je suis un vilain manipulateur inconsciemment, mais on fait tous ça je pense. Hein...? Dites-moi qu'on le fait tous, déconnez pas !

Et en plus je m'éloigne du sujet. Donc, postulat number one : mes articles provoquent l'inquiétude. OK.

Deuxième type de feedback : la reconnaissance. Enfin, pas de la reconnaissance envers moi, hein, j'ai des limites à mes prétentions ! Non, je parle du fait qu'on se soit reconnu à travers mes mots, ce que je trouve flatteur soit dit en passant. En gros, certains de mes textes ont provoqué un écho chez des lecteurs qui m'ont signalé que "P'tain t'as raison, c'est exactement ce que je ressens aussi", ou "oui, j'ai déjà vécu ça", ou encore "ça me rassure, je croyais être le/la seule comme ça !". Ca m'a rappelé la fois où j'avais écrit sur un forum que mon mal-être était incompatible avec la proximité d'une arme à feu (on se frittait sur le deuxième amendement de la constitution américaine... bref...), message qui a eu pour conséquence une demi-douzaine de MP provenant de borderlines me remerciant d'avoir mis en mot ce qu'ils ressentaient. J'étais à la fois ravi et un peu contrarié d'avoir fédéré une bande de suicidaires potentiels avec un simple avis personnel. Ben voilà, bis repetita, comme disaient les latins bègues.

Ce qui est étonnant, c'est que parfois, les deux réactions proviennent de la même personne !

Conclusion, on s'interroge sur le fait que je puisse paraître "anormal" (j'emploie le terme de manière exagérée, mais c'est pour bien cibler le thème) et en même temps, on me montre queje ne suis pas le seul dans cet état. Du coup, la question se pose : je suis "anormal" par rapport à quoi puisque plusieurs personnes s'identifient aux problèmes que j'expose ? Où se situe la "norme" dans ce cas là ? Et qui la décrète ? Bref, vous avez compris le paradoxe de la normalité, je vais pas m'étaler dessus pendant des plombes, ceux qui veulent des détails peuvent venir en consultations gratuites et privées de 17h à 19h tous les mardi (sans "s", les jours de la semaine étant invariables il me semble... enfin, c'est la norme grammaticale en tout cas... héhéhé).

Pour résumer, concernant la norme, où commence-t-elle et où finit-elle ? Chacun abordera la question avec ses propres convictions et ses propres points de vue. Mais j'avoue avoir du mal à accepter les phrases du genre "T'es pas normal", et encore moins les crétins qui disent haut et fort "moi je suis un fou !" Ce sont généralement ceux-là les plus ancrés dans la "standardisation"... Je ne peux m'empêcher de placer ici le petit délire parfaitement sensé que mon ami Rémi (gloire à toi, tu es irremplaçable !) faisait à la fac pour illustrer le propos de la norme et de la folie : "Je ne suis pas fou, seuls les fous font des raisonnements pour prouver qu'ils ne sont pas fous, or je ne fais aucun raisonnement, donc je ne suis pas fou..." A méditer.

Avant d'en finir, j'ai envie de pousser le bouchon un peu plus loin dans la direction d'origine de ce bloug. Certes, il est rassurant de voir qu'on n'est pas tout seul à se tricoter des prises de têtes existentielles monumentales sur la vie, l'amour, les vaches... Mais il y a une conséquence à cela : JE NE SUIS PLUS DIFFERENT ! JE SUIS COMME TOUT LE MONDE !

Et merde, un mythe qui s'effondre... Bon, en même temps, j'étais le seul à y croire. J'espère juste garder un petit quelque chose qui, à un moment ou un autre, me différencie de la masse. Je ne veux pas faire partie de the Unthinking Majority (Serj Tankian) mais de the Thinking Minority (pas Serj Tankian, mais c'est un contrepoint inévitable, nécessaire, salutaire... comme l'égoïsme dont on a tous besoin, au moins le minimum syndical). L'idée d'être comme tout le monde est le pire des affronts pour un misanthrope... Le plus simple serait de ne plus être misanthrope et de cultiver mes différences quand elles apparaissent. Tiens, je vais essayer ça...

Pffff... j'ai du boulot, là !

Ou alors, être différent, mais en bien... comme j'avais l'impression d'être... avant. Et ça revient, doucement, mais ça revient. C'est bon signe.

Conclusion : ben en fait, la conclusion, c'était le titre. Normalité et anormalité, la frontière est impossible à déterminer.

...en plus, j'ai pas mon passeport sur moi.


Posté le 19/11/2008 | 67 consultations | 2 commentaires | Voir et commenter l'article

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