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Catégorie - Inutilité et absurdité

Petit vague à l'âme

Il est des puits profonds qui ne retiennent du ciel qu'un sombre reflet, sur une eau noire, stagnante et malodorante. Parfois, il me semble n'être pas capable de voir autre chose depuis le fond du trou dans lequel je m'installe de temps en temps lorsque la vie me pèse. Il y fait froid. J'ai beau regarder en l'air, la nuit reste omniprésente, opaque et lourde, et le scintillement des étoiles est terne à côté de la triste lumière qui emplit ces yeux humides à l'heure du départ.

Il est des océans éternels qui viennent nous espionner sur les plages, dans les ports, au pied des phares, et qui entraînent au large ce qu'ils ont vu de nous pour en conserver à jamais l'image gravée sous l'écume, photographies salées volées par les vagues. Je me prends parfois à regarder ces étendues infiniment renouvelées auxquelles toute vie est liée. Cela me donne le vertige, comme lorsque je pense, en regardant la Lune, que si quelqu'un la regarde en même temps, à 5000 km de là, c'est comme si nous étions côte à côte.

Il est des forêts humides dans lesquelles mes pas solitaires ont laissé leur empreinte. La lumière du soleil filtrant sous les frondaisons ne m'y a jamais réchauffé ni séché. Les multiples sons de la solitude sylvestre - un rongeur fuyant mon approche, ou encore un invisible filet d'eau coulant sous un tapis de feuilles mortes - sont les meilleurs amis de l'introspection, et les meilleurs catalyseurs de l'auto-critique. Ces forêts perdues sont détentrices de nombre de mes secrets.

Il est des lieux magiques, couverts de bruyère empourprant les collines, où le soleil et les lacs s'accouplent lentement autour de hautes forêts et de vieilles pierres pour engendrer des atmosphères fantastiques. Les disparus y sont toujours présents, et un passé incertain semble vouloir y lier mon âme. La simple évocation de ses décors d'herbes grasses plus vertes que nulle part au monde suffit à enivrer mes songes, à faire voyager mes désirs contre les vents du nord afin d'y puiser les plus fortes émotions.

Et il est tant d'hommes qui gâchent tout... Si seulement je n'en faisais pas partie !


Posté le 23/04/2009 | 80 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

La persistance de l'intangible

Lecteur, tu es fascinant...

...et mystérieux à la fois. Un mois et demi. 44 jours. 1056 heures et des poussières. C'est depuis tout ce temps que je n'ai rien écrit ici, et pourtant, après une chute de fréquentation spectaculaire et légitime, le nombre de visites quotidiennes s'est stabilisé et n'a quasiment pas moufté pendant 5 semaines... Explique-moi ça, lecteur ! Comment se fait-il que tu sois encore là ? Qu'est-ce qui peut bien te pousser à venir vérifier chaque jour si, par le plus grand des hasards, je n'aurais pas fait étalage d'un quelconque coup de gueule, d'un questionnement sans queue ni tête, d'une logorrhéique réflexion comptoirophilosophique ?

Oui, je l'avoue sans honte, j'ai cédé au jeu de l'audimat bloguesque et j'ai regardé quel était le taux de popularité de cet espace ni utile ni inutile tel un subtile nautile éthylé alité et étiolé sous les étoiles... Hum, pardon, désolé, j'ai consonnancé compulsivement ; ça fait tellement longtemps que je n'ai pas écrit, et comme je parle peu, les mots se sont bousculés pour sortir. Ils ont vu que je m'exprimais, ils ont voulu être de la fête...

Pouf pouf, comme disait l'autre. Reprenons.

Voici donc diverses données sans le moindre intérêt : des lecteurs patients (ou pas) qui viennent chaque jour... De mon côté, je mesure prétentieusement une sorte de "notoriété" dont vous m'habillez sur un graphique qui n'est pas sans rappeler les colonnes de Burennes si ce con les avait peintes en bleu plutôt que de les camoufler en zèbres... J'avoue ne pas bien comprendre le pourquoi. Pourquoi s'intéresse-t-on (dans une certaine mesure qui pousse quand-même à l'humilité, faut pas déconner, c'est pas non plus les 80 000 spectateurs du Stade de France qui se pressent sur ce blog... Il faudrait d'abord qu'ils sachent lire...) Hmmm... Interruption digressive trop longue, je recommence : pourquoi, donc, s'intéresse-t-on à cet espace où le vide cotoie le rien, lui-même en passive interaction avec l'absurde ? Viens-tu par réflexe, par habitude, par choix, par un désir impatient de te repaître de ma prose comme tu attendrais la sortie du nouvel album de Marc Lavoine en maudissant l'inculte vendeur de Virgin qui rend encore plus insupportable l'attente de par son agaçant regard vide lorsqu'il te répond de sa voix incomplètement muée : "nan, ch'sais pas quand ça sort" ? Je sais, j'exagère et je déconne un peu, mais cette idée m'amuse car elle crée chez moi un sentiment complètement inédit : la starification (non, je suis pas modeste aujourd'hui, faites pas chier, j'ai pas envie). Ce que je veux dire, lecteur assidu et adoré, c'est qu'en constatant que ta présence ici est persistante alors que l'intérêt du lieu reste quand-même anecdotique, j'ai l'impression d'être "attendu". Et je constate que je n'ai jamais vraiment eu ce sentiment, ou du moins pas dans ce contexte. D'abord parce que je ne suis jamais en retard, que j'ai horreur de ça, ou alors à peine mais dans ce cas c'est volontaire (car se faire attendre, c'est se faire désirer, mais ça ne doit pas excéder les 5 à 10 minutes). Ensuite parce que ce contexte, justement, me semblait jusqu'ici tellement virtuel, tellement transparent, tellement... inutile que j'étais à peu près certain qu'il allait être oublié rapidement.

Et puis on m'en reparle à gauche, et puis à droite, et puis je trouve ma soeurette adorée en flagrant délit de lecture de ce bloug il y a deux jours à peine... Et là, je me dis que mince alors ! J'étais à peu près certain d'avoir rejoint dans l'abîme les blogs à la con sur lesquels je m'acharne et qui croupissent au fond du puits de l'inconsistance universelle depuis qu'ils ont été abandonnés au profit de Facebook. Oui, FB pour les intimes, c'est encore "mieux" parce que maintenant, les mauvaises photos de soi et des copains-copines prises au téléphone portable pour se persuader qu'on existe dans le monde, on n'a plus besoin de les mettre en ligne soi-même (trop contraignant !) donc on laisse faire les "amis". Quand aux textes, ils y sont réduits à leur plus simple expression : le commentaire laconique et dysorthographié.

Facebook, c'est un problème de contenant-contenu : on fignole la devanture, l'enseigne, l'apparence, on lustre et on vernis le bois des meubles pour que ça brille et que ça en jette, mais dans la bibliothèque qui sent bon le Plizz, c'est même pas sûr qu'on trouve ne serait-ce qu'un "Oui-Oui"...

Je reviendrai peut-être à l'occasion sur ces communautés virtuelles, mais pas maintenant. Là, il est tard, j'ai envie de me taper des rillettes, une soupe de légume, un peu de fromage, un kiwi, n'importe quoi mais j'ai faim ! Donc je m'arrête là.


Posté le 02/04/2009 | 88 consultations | 4 commentaires | Voir et commenter l'article

Mode d'emploi

Ca y est, j'ai trouvé...

...une idée d'article absolument sans intérêt tout en restant dans l'optique d'un égocentrisme forcené ! Un mode d'emploi de moi-même ! Voilà une chose dont l'inutilité est sans pareille. En effet, ce qui suit, les gens qui me connaissent le savent déjà et ceux qui ne me connaissent pas, soit s'en foutent, soit ne voudront pas me connaître.

Allez, c'est cadeau !

MODE D'EMPLOI DU FRED

 

PREREQUIS : Avant toute chose, il faut garder à l'esprit que le Fred n'est pas chiant, ni difficile à vivre et que son fonctionnement est des plus simples, en dépit des apparences et de sa personnalité complexe : TOUT chez lui est fondé sur la COMMUNICATION. Comprendre cela, c'est manier le Fred sans risque. En cas de doute sur la marche à suivre, toujours revenir sur ce postulat de départ.

 

1. Le Fred est bien plus solide qu'on ne croit et il est capable d'autocritique, même s'il reconnait une tendance à la susceptibilité. Il en découle qu'il peut encaisser pratiquement n'importe quelle information : il la fera toujours passer par une rapide analyse et un tri sélectif avant de laisser l'émotion agir. Le Fred fait donc preuve de self-control, exception faite de la situation décrite au point 2.

 

2. Le Fred est profondément honnête et ne conçoit pas, ou peu, le mensonge. Ainsi il assume tout ce qu'il dit ou fait, et peut être considéré comme un interlocuteur assez fiable. En retour, il attend le minimum de respect vis-à-vis de ce comportement et ne supporte absolument pas d'être trahi ou d'être pris pour un con ! Le Fred peut parfaitement gérer les mauvaises nouvelles, mais perd son self-control en cas de mensonge. Les conséquences peuvent être hiroshimales !

            2.1 : A ce sujet, il est à noter que le Fred possède un 6ème sens relativement

fiable lui permettant de sentir les cachotteries. Cette particularité lui ayant        coûté

suffisamment cher par le passé, merci de ne pas tirer sur la corde.

2.2 : Ce 2.2 n'a aucune justification sinon celle d'appuyer l'existence du 2.1.

 

3. Outre sa susceptibilité, le Fred a également un défaut qu'il développe depuis quelques temps volontairement : la prétention. Ayant découvert le lien étroit et indéfectible qui lie cette dernière à l'obsession de la vérité, il a décidé d'assumer ce contrepoids. En conséquence, il peut parfois paraître pédant, mais il faut bien se dire qu'il ne s'agit que d'une façade car le Fred, même s'il ne se prend plus pour de la merde, ne s'estime pas supérieur aux autres : il les écoute. Voir point 4.

 

4. Voici une particularité a priori paradoxale du Fred : son manque total de sociabilité et son rejet pathologique pour tout comportement grégaire l'ont poussé au fil du temps à être très à l'écoute des autres. Il n'écoute que rarement "par politesse" car la plupart du temps il s'intéresse vraiment à son interlocuteur et fait de son mieux pour le comprendre. Persuadé que c'est la seule chose qu'il sache vraiment faire à peu près correctement, il peut être un confident fiable. Et pourtant, il a peu d'amis et n'en veut pas particulièrement, ce qui ne l'empêche pas d'être réellement sincère lorsqu'on se confie à lui.

 

5. Le Fred a une patience limitée. Il est gentil et serviable, il a beaucoup d'humour, mais il ne faut pas le faire chier trop longtemps : il peut évincer un nom de son carnet d'adresse s'il se sent agressé. Il l'a déjà fait et peut le refaire sans état d'âme particulier.

 

6. Le Fred manque parfois de nuance. Lorsqu'il s'intéresse au cas de quelqu'un, il peut lui arriver de devenir curieux, à la limite de l'intrusif. A l'inverse, lorsqu'il est tourné vers lui-même, il peut se couper complètement du monde qui l'entoure. Ce manque de nuance le rend à la fois égoïste ET altruiste et il peut blesser involontairement à cause de cela.

 

 

7. Le Fred est sensible. Il aime à se laisser aller à la rêverie mais supporte mal le mépris ou la condescendance moqueuse des cartésiens matérialistes qui ne savent pas se débrancher de la réalité et du pragmatisme. C'est un contemplatif qui prend le temps de faire le tri entre ce qu'on veut lui imposer comme un standard de l'esthétique et ce qu'il est capable de déceler par lui-même. Ainsi, il rejette la poésie à la guimauve mais apprécie le cynisme poétique. Il ignore la pétasse en mini-jupe cachée sous un maquillage abusif et peut trouver la beauté chez une quinquagénaire banale. Il repousse ce qui brille et recherche l'authenticité. Il prend le temps de chercher et de regarder car il estime que le temps est la seule denrée rare qui soit gratuite.

 

Pour conclure : Le Fred n'est pas un méchant gars, il n'est qu'amitié et tendresse, il ne cherchera pas à manipuler ou à faire mal... tant qu'on n'appuie pas sur ses points sensibles. Car le Fred blessé peut échafauder les pires scénarios et se donner les moyens de les mettre en œuvre. Il est gentil, attentif et honnête, et il demande seulement la même chose en retour, faute de quoi il peut devenir un vrai connard invivable. Communiquez ouvertement avec lui et le tour est joué.

 


Posté le 29/01/2009 | 109 consultations | 5 commentaires | Voir et commenter l'article

Justifions le nom de ce blog

Je réclame votre inattention svp...

Ce court article (je ne compte pas en faire des tartines ce soir) est sans doute le moins intéressant qui soit. Autant que vous soyez au courant avant de perdre quelques précieuses secondes à le lire, secondes que vous pourriez rentabiliser de manière plus constructive... je sais pas moi, y'a pas un truc sur M6 là ? Comme dit Lewis Trondheim, "Internet, ça rend con et ça pique les yeux ; vous feriez mieux de regarder la télé".

Je repensais au jour où j'ai créé ce bloug. Lors de la mise en ligne, il m'a été demandé dans quelle "catégorie" il se classait. Ayant par mégarde effacé les giga-octets de videos hots et d'images siliconées et photoshopées que je conservais comme le vicelard réputé que je suis, faute de mieux, j'ai coché "divers" je crois... Mais dans la liste, je me rappelle avoir vu la catégorie "Journal intime", celle-là même qui avait initié mon mépris des blogs et de leurs auteurs, férus de ce soyeux langage du SMS (Sans Méninges Suffisantes ?) qui me donne les mêmes doux frissons que ceux ressentis par les trouffions soviétiques en première ligne à Stalingrad lorsqu'ils réalisaient que leur canif portait moins loin que la MG42 des Allemands...
Toujours est-il que cette catégorie m'a laissé un instant perplexe : j'aimerais bien qu'on m'explique en quoi un journal est intime lorsqu'il est exposé sur la Toile ? Même avec toute la prétention que je parviens à récolter en moi au prix d'un dur labeur psychologique, jamais je n'oserais avoir l'outrecuidance d'étaler une quelconque intimité sur Internet ! Non, soyons honnêtes, ces braves jeunes décérébrés ne donnent absolument rien d'intime, je suis allé voir et voici le résultat :
Dans la catégorie "journal théoriquement intime", sont nominés :
- les photos des meilleures amies (qui ne le seront plus deux ans plus tard mais qui l'ignorent encore)
- les rapports analphabètes de la vie à l'école (avec option "critique des profs")
- les stocks d'images cucu-la-praline avec renfort d'effets de brillance, en alternance avec l'intégrale du book professionnel de Brad Pitt.
- la "critique de la raison pure"... enfin, une version simplifiée créée par et pour adolescents se préparant à la Rébellion contre le pouvoir en place (avec travaux pratiques et entrainements sur les parents).

Voili voilà... que d'intimité, j'en ai encore le rouge aux joues !

Tout ça pour dire que proposer cette catégorie sous ce nom est largement abusif. A la rigueur, ils pouvaient proposer "journal inepte", mouais, pourquoi pas...?

Allez, je suis content, j'ai pondu un truc vraiment pas intéressant, je commençais à m'inquiéter et à me prendre au jeu ! On l'a échappé belle, ce bloug a failli devenir indécemment proche de ceux dont je fustige la fausse intimité ! Encore un peu et je vous parlais de l'évolution de mon traitement médical, ouf ! (tiens, ça me fait penser, faut que je rappelle le proctologue pour un rendez-vous...)



Posté le 22/11/2008 | 114 consultations | 5 commentaires | Voir et commenter l'article

Prochainement... (ou l'art du teasing)

...un ptit article sur la publicité

quand j'aurai le temps :)


Posté le 04/11/2008 | 77 consultations | 4 commentaires | Voir et commenter l'article

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